Jean Paulhan au creuset des influences
Bernard BaillaudDans cette intervention, je ne voudrais pas me contenter de faire le point sur les influences subies par Jean Paulhan dans sa longue jeunesse, avant de poser quelques jalons qui me paraissent significatifs de son action éditoriale. Par influence, je n'entends rien de mécanique (au sens de l'histoire littéraire positiviste) ni de magique (au sens de Max Jacob), mais autant qu'il est possible de la mesurer, la résultante des courants par lesquels Paulhan a été formé ou déformé, contre lesquels il a dû élaborer des fuites ou des oppositions qui lui étaient autant de réponses. Jean Paulhan n'a pas tout accepté de l'héritage qui lui a été transmis. Il n'est pas un pur produit de la pensée contemporaine et sa jeunesse, en cela comparable à celle d'André Gide, a été marquée par beaucoup d'hésitations, plus nombreuses que ses affirmations. Et le mouvement de la pensée, chez Paulhan comme chez d'autres, est plus intéressant que les énoncés déterminés auxquels elle donne lieu. Récemment, on a pu voir en Paulhan un stratège triomphant. Il me semble que cette image est doublement marquée: par l'entourage très complice, insuffisamment critique des années 1950 et 1960, et par un certain discours littéraire contemporain, à mi-chemin entre la biographie et la sociologie, qui risque de dessiner les parcours littéraires comme s'ils étaient des trajectoires intentionnelles, des stratégies nécessairement concertées. Or si Jean Paulhan a réussi quelque chose, c'est parce qu'il a su, mieux que tout autre sans doute, intégrer ses propres faiblesses dans le processus à l'issue duquel il est apparu aux autres - mais non pas à lui-même - comme fort et triomphant. Jean Paulhan n'a jamais été un homme volontairement ambitieux. Ou s'il l'a été, c'est pour des raisons qui touchent à sa fragilité la plus intime. Homme du pouvoir éditorial, Jean Paulhan met toutes ses faiblesses dans le jeu. La promiscuité de la faiblesse et de la force, du pouvoir et du non-pouvoir, de la puissance et de l'impuissance est présente avant 1914.
Au colloque de Cerisy-la-Salle, en 1998, les participants avaient observé deux approches principales, qui étaient des méthodes, mais qui toutes deux choisissaient et modifiaient leurs objets. Les uns travaillaient sur les archives, les correspondances notamment, et s'intéressaient au rôle éditorial de Jean Paulhan ; les autres travaillaient sur ses œuvres les plus abstraites et cherchaient à comprendre sa pensée, et même à l'accompagner. Les dangers que courent les uns et les autres apparaissent clairement : les premiers risquent de se perdre dans des documents mineurs dont ils majorent l'importance ; les seconds risquent de céder à la métaphorisation plus ou moins nettement conceptuelle en mimant Jean Paulhan. Poussière de papiers d'un côté, mimétisme psychologique de l'autre. Ce portrait en double profil de Jean Paulhan reflète assez bien sa personnalité : un écrivain doublé d'un éditeur (ou l'inverse). Je voudrais tenter ce matin de créer quelques liens entre ces deux portraits, choisis parmi les premières années de sa vie active.
La première figure intellectuelle qui ait été proposé au jeune Paulhan est celle du savant. Mais cette figure lui vient de l'extérieur. De son père d'abord, Frédéric Paulhan, protestant, philosophe comme on l'entendait à cette époque, psychologue expérimental sans laboratoire, constamment édité chez Félix Alcan. Étudiant, Jean Paulhan tient son père à distance, tout en regrettant sans doute que son père se tienne à distance : « Mais papa est trop sévère. C'est un homme de science. »(1) La figure du savant lui est aussi proposée par ses amis. Mademoiselle Sviette par exemple, ne partage pas cette ironie à parler des intellectuels: « Vous serez un futur savant »(2), dit-elle à Jean Paulhan à la fin de l'année universitaire 1903-1904. Et Paulhan se souviendra de cet itinéraire qui aurait pu être le sien, futur inaccompli dont il clôt le souvenir en écrivant au début et à la fin d'un de ses récits, Aytré qui perd l'habitude : « il y a des jours où je voudrais me faire un savant » avant de décider : « Ah, lui aussi a voulu devenir savant » (3). Il n'y a, je crois, aucun hasard à ce que Paulhan fasse imprimer ces phrases en février 1921, au moment même où, à la N.R.F., il est en train de devenir autre chose qu'un savant. Mais rien dans cette vocation savante n'est affirmé de manière univoque. Toute volonté est menacée de velléité par l'ironie. Paulhan laisse autrui dessiner de lui des portraits qui ne lui conviennent guère. En même temps, son indécision ne le pousse à aucune révolte radicale. Il ne fugue pas; il prend la tangente, toujours en donnant des gages. En 1907, Paulhan part pour Madagascar en retardant son mariage, ouvrant du même coup la possibilité, vite écartée, d'entrer dans l'administration coloniale. Il accentue sa ligne savante, en choisissant un sujet, les poèmes en forme de proverbes, en préparant des examens de malgache qu'il travaille très sérieusement, en se présentant avec succès à l'Académie malgache, en publiant enfin son étude dans Le Journal asiatique et chez l'éditeur Geuthner, c'est-à-dire chez les savants orientalistes. Mais dans le même temps, il se libère de ses obligations de professeur, critique le gouverneur de l'île, et avec lui tous les Français installés à Madagascar, et mentionne Paul Claudel dans son livre, ouvrant ainsi la possibilité d'un usage littéraire et poétique de cette étude apparemment ethnographique. L'hésitation de l'auteur sur sa propre intention se double d'une incertitude sur l'identité des lecteurs. Comment savoir à qui il convient de s'adresser quand on ne sait pas soi- même de quel point l'on parle ? Et comment savoir ce qu'il faudrait dire si l'on ne sait pas si l'on est un savant ou un écrivain ? S'il est arrivé à Paulhan de tenir à distance, par l'ironie, la figure du savant qui s'offrait à lui, il ne lui est jamais arrivé, à ma connaissance, d'affirmer qu'il avait l'intention de devenir artiste, écrivain ni même critique. S'agissant de sa vocation, Paulhan hésite, refuse et n'affirme presque rien. Mais en s'écartant de la lignée savante, tout en restant dans les activités de l'esprit, il crée les conditions de réalisation des deux hypthèses voisines: être un critique, être un écrivain. Nous n'avons pas de preuve que Paulhan ait eu l'intention d'être ce qu'il est devenu. Il y a tout lieu de croire qu'il en a été le premier « surpris et comblé » (4). Que cette surprise soit simplement possible rend inutile la connaissance de soi, sinon toute la connaissance. Pourquoi faudrait-il que je connaisse et que je me connaisse si ce qui comble me surprend toujours ? Paulhan découvre qu'être un savant n'aide pas à être soi - et peut-être même en éloigne. Il reste que jamais Paulhan ne renoncera tout à fait à obtenir l'assentiment des savants. Son projet d'écrire une thèse renaît de ses cendres à plusieurs reprises, et notamment en 1936. Même si elle évite les débats scientifiques les plus contemporains, La N.R.F. ne refuse ni les thèmes scientifiques ni le public universitaire. En décembre 1941, au moment où il prend connaissance des articles de Maurice Blanchot sur Les Fleurs de Tarbes, Paulhan écrit à Henri Pourrat : « Songe que je me trouve porté par des milliards d'observateurs, de savants, de linguistes et de psychologues, dont il n'y aurait enfin qu'à réunir les conclusions, à les faire tenir ensemble »(5) . Comme si, malgré ses esquives, Paulhan ne s'était jamais tout à fait détaché du monde savant ; comme si quelque chose ne s'était pas complètement dénoué dans les adieux de Paulhan à la science ; « Comme si j'attendais, pour être satisfait, d'être à la fois les autres et moi-même » (6) . Or cet espace, dans lequel on peut être « à la fois les autres et [soi]-même », si l'on admet qu'il puisse prendre une forme professionnelle ou sociale reconnue, pourrait être celui de la revue ou de l'édition. L'éditeur réaliserait alors l'idéal qui est refusé au savant. On sait que Paulhan a été un animateur de revues bien avant de devenir le secrétaire de Jacques Rivière. La gestion des sommaires fait partie de ses activités avant 1914, au moins pour deux revues, Le Spectateur et Demain. On ne tiendra pas compte du Journal de psychologie normale et pathologique dans la mesure où aucun document ne prouve (ni ne laisse entendre) que Paulhan y ait joué un autre rôle que celui de rédacteur de comptes rendus. Frédéric Paulhan est présent dans ces trois revues (7) . Jean Paulhan suit donc apparemment les traces de son père. Mais il est par ailleurs intéressant de noter que, parmi les revues auxquels Paulhan collabore avant la guerre, une seule fait profession exclusive de psychologie expérimentale, Le Journal de Psychologie, et que c'est précisément dans celle-là que Jean Paulhan n'occupe pas de place éditoriale. Plus la revue est proche du père, moins Paulhan y occupe un rôle central ; plus elle s'en éloigne, tout en restant dans la même mouvance intellectuelle, plus Paulhan s'active et se rend indispensable. De ce point de vue, l'activité éditoriale est une réponse au père : elle permet à Paulhan de construire une activité différente de celle dont son père lui a proposé le modèle. Être un éditeur, c'est ne pas être un savant. Le problème vient de ce que l'activité d'animateur de revue ne procure aucune rémunération significative. Mais sur ce point, il faut rappeler que jamais Frédéric Paulhan, sauf quand il était bibliothécaire à Nîmes, poste qu'il a dû quitter pour des raisons notamment politiques, n'a vécu de ses travaux intellectuels. De tout temps, c'est sa femme, Jeanne Paulhan, qui a assuré la vie de la famille. En peinant donc à trouver une stabilité sociale, Jean Paulhan ne fait pas autre chose que son père. On peut même dire que la situation obtenue chez Gallimard lui a permis de faire mieux que son père, en termes d'autonomie financière et de visibilité sociale. En tant que réponse au père, l'édition est une réussite.
Dans l'animation de la revue Demain, Jean Paulhan n'occupe qu'une tierce position. Il est contacté par son ami Tony Dubois, qui lui-même secondait le docteur Toulouse, médecin en chef de l'asile de Villejuif. Selon Tony Dubois, qui écrit pendant le séjour de Paulhan à Alger, le tirage de la revue s'élèverait à 3000 exemplaires (8), soit nettement plus que Le Spectateur. La personnalité du docteur Toulouse, dont Antonin Artaud préfaça l'anthologie des œuvres, et que Bernard Groethuysen consulta en 1937 à propos de la notion de « fous volontaires » (9), et l'ignorance dans laquelle nous sommes encore sur l'ampleur de la collaboration de Paulhan à la revue Demain justifient qu'on s'attarde un peu sur ce sujet. Demain est une revue clairement terroriste, qui cherche à préserver ses lecteurs « contre les sophismes et les charlatanismes de tous les partis et de toutes les entreprises malhonnêtes » (10). Tony Dubois songe à « introduire [dans la rubrique "Hier et Demain"] en filets clairs et rigoureux » nombre « d'idées hardies ». Son lexique est à la fois médical et agressif. « Par petites doses toxiques », écrit-il, « nous pourrions mordre sur les cerveaux [...] avec une force révolutionnaire » (11). « Il est des choses à détruire », écrit Artaud dans sa préface aux œuvres du docteur Toulouse : « Il est des déformations de la pensée, il est des habitudes mentales, il est des vices enfin, qui contaminent à peine né le jugement de l'homme. Nous naissons, nous vivons, nous mourons dans l'atmosphère du mensonge. Nos éducateurs, ceux dont le sang nous faisait proches, furent, il faut le dire, non pas consciemment, mais inconsciemment, par habitude ancestrale, de mauvais conseillers. » (12) Indépendante des intérêts commerciaux, publicitaires et politiques, libérée « de la morale conventionnelle et des préjugés sociaux » (13), la revue Demain avertit ses abonnés : « Prenez garde à votre esprit », menacé par la presse à grand tirage, par « l'information hâtive et abondante, la documentation nombreuse et vide, la futilité dans tous les domaines» (14). Demain se présente comme « l'antidote des autres journaux - prisonniers des groupes, des hommes d'affaires et des vendeurs d'orviétan » (15) et s'inquiète des conséquences néfastes que la lecture superficielle des journaux fait courir à l'esprit. Il pointe la distinction entre les (bonnes) revues et les (mauvais) journaux à grand tirage. Il justifie le petit format des revues par la difficulté que l'on a à lire les journaux, trop encombrants ; il conseille à toutes les revues de suivre son exemple en excluant les articles trop longs, et en préférant ceux dont on peut voir, d'un seul coup d'œil, le titre et la signature, « sans avoir à tourner beaucoup de feuillets » (16). Adepte de la brièveté, il propose une physiologie de la lecture, en répondant par la négative à la question « Faut-il lire au lit ?» (17) , mais aussi une méthode de lecture, faite de concentration et de réflexion. Le lecteur est engagé à réagir par sa propre lenteur contre la lecture rapide qu'on lui impose. Loin d'être une contrainte ou une censure qui tendrait à sélectionner les titres, cette méthode autorise à tout lire : « Lisez les journaux que vous voudrez - pour les critiquer et les comprendre avec la méthode de pensée que Demain conseille » (18). En première page de couverture, Demain reproduit Le Penseur de Rodin (19) - que Paulhan critique dans ses carnets. Mais cette revue refuse l'abstraction qui renonce aux effets ; elle veut employer la puissance de la pensée. « Demain est à la fois très intellectuel et très pratique », affirment les réclames (20). Dans une autre version : « Demain est intellectuel et très pratique ; ce double caractère est unique » (21). « Bien lire pour savoir penser et mieux agir ». La pensée est présente dans toutes les couches de la société, y compris dans ce qu'il est convenu d'appeler la vie quotidienne, et qui n'est peut-être pour Paulhan que la vie en tant qu'elle se prête à un regard anarchiste. En principe, cette notion de vie quotidienne devrait recouvrir la totalité des situations sociales. On remarque pourtant vite que dans Demain, comme dans les arguments du Spectateur, la vie quotidienne urbaine est privilégiée. Le monde rural offre à Paulhan les promenades insatisfaisantes d'un citadin ennuyé : « Mon Dieu, votre nature est belle mais elle est bien loin de nous » (22). Dans le département du Gard comme à Madagascar, il faut au moins des villages pour donner lieu à des coutumes intéressantes? (23). Si la revue peut prétendre à un effet, c'est dans l'esprit du lecteur urbain, confronté à la mécanisation de la presse et à l'automatisation du langage. Confronté à la répétition quotidienne des slogans et des messages publicitaires, le lecteur citadin perçoit la nécessité de penser ce nouvel usage du langage. Des revues comme Demain veulent exercer leur droit de critique sur les journaux. Elles se moquent des institutions qui, comme le dictionnaire de l'Académie, « conservent une importance nominale, alors que l'expérience montre à tout instant que leur influence pratique est nulle » (24). Dans une lettre à Paulhan, Tony Dubois note « la médiocrité, [...] l'insignifiance, et surtout [le] défaut d'utilité véritable de toutes les revues »". Demain doit faire exception. Il est naturellement difficile de mesurer l'« influence pratique » de la revue Demain, qui participe au mouvement général des médecins aliénistes en faveur de l'hygiène physique et mentale. On peut cependant noter que les thèmes retenus, sans aucun appel à la fiction, portent à la fois sur des questions pratiques et sur des sujets contemporains.
On trouverait facilement dans Demain bon nombre de connexions avec les thèmes de prédilection de Jean Paulhan, sans certitude d'influence cependant. Je ne suis pas en mesure de déterminer texte par texte le rôle que Paulhan a pu y jouer, mais il suffit de feuilleter la revue pour comprendre que Paulhan s'y est trouvé en terrain familier. Les références constantes à Antoine Meillet (sur la « crise de la langue française » (26)) et Remy de Gourmont (sur « Le sens des mots » (27)) sont homogènes dans Demain et Le Spectateur. La revue Demain soutient les pédagogues qui font confiance à l'usage et présentent l'étymologie comme une connaissance inutile : « les jeunes gens n'ont donc pas besoin de l'apprendre » (28). Un extrait des Fonctions mentales dans les sociétés inférieures de Lévy Bruhl répond à la question « L'esprit humain a-t-il toujours été le même? » (29) . Une opinion de Vincent d'Indy porte sur l'emploi injurieux du mot virtuose : « Quand, par hasard, un élève s'entend adresser cette épithète, il s'en va en pleurant. » (30). Un témoignage de Pierre Mille sur ses reportages aux armées affirme la jouissance que procurent « les formidables émotions de la guerre » et le « rajeunissement » que l'on éprouve, selon lui, « au milieu des morts quotidiennes ». Il donne lieu à ce commentaire du Dr Toulouse : « La guerre a son attrait comme les courses de taureaux, les jeux du cirque, les scènes de débauche de l'opium. Et c'est bien pour cela qu'elle est redoutable » (31) . Une lettre de l'anarchiste Émile Armand défend le droit « de déterminer pour soi-même sa vie sexuelle, comme l'y incitent son tempérament, les conclusions où ses expériences amoureuses l'ont amené, son appréciation personnelle de la vie » (32). La seule retérence à Madagascar que j'aie pu relever dans Demain mêle l'érotisme et la sociologie : il s'agit d'une remarque de Grandidier sur le rôle de l'odorat dans le baiser malgache* (33). Demain fait l'éloge de cette pratique amoureuse, qui consiste à aspirer l'âme de l'être aimé qui s'échappe quotidiennement de ses lèvres, sans aller jusqu'à les toucher. Pour le rédacteur de Demain qui présente ce texte de Grandidier, le baiser malgache est à la fois plus hygiénique et plus raffiné que le baiser européen. Une autre remarque, extraite des voyages du capitaine Cook, sur la répugnance des Tahitiens à manger en public, rappelle toute la structure logique de l'essai de Jean Paulhan, *Le repas et l'amour chez les merinas* (34) rédigé à Madagascar (et non en 1912-1913, comme l'indique l'éditeur de 1970). Autre signe d'une proximité de Paulhan dans la revue Demain, on y retrouve plusieurs auteurs du Spectateur, René Martin-Guelliot (35), Marcel Pareau (36), Olry Collet (37) . Tony Dubois
écrit d'ailleurs à Paulhan que, pour le Docteur Toulouse, « sa revue "Demain" est le genre dont le Spectateur est une espèce »38 • La même lettre de Tony Dubois imagine la fusion des deux revues. Enfin la revue Demain insère une réclame pour Le Spectateur, défini comme « une revue de culture critique » (39). Il ne s'agit pas de critique littéraire. « La critique dont il s'agit est celle que toute personne intelligente, dans n'importe quelle situation de la vie réelle, exerce, spontanément mais avec plus ou moins de méthode, sur la formation de ses opinions, ses raisonnements, l'expression des unes et des autres, l'interprétation de ceux d'autrui. » Comme Le Spectateur, Demain ne veut pas prendre la bêtise pour cible et préfère critiquer le regard flaubertien : « À vrai dire, plusieurs des bêtises relevées par Flaubert et ses commentateurs, ne sont telles, quand on les regarde de près, que d'un point de vue étroit, spécial, momentané. Et n'y a-t-il pas alors quelque bêtise à les trouver ? Le mieux est d'appliquer à tous, même aux médiocres, la même règle de lecture : les comprendre. Le moins brillant dit parfois des choses intéressantes, profitables ; et ce qui lui manque c'est plutôt l'expression » (40). Sous la plume du docteur Toulouse, Demain condamne, avec Remy de Gourmont, cette moquerie qui n'est que de l'incompréhension. Ni les faits divers, ni les lieux communs n'échappent au regard critique. Mais ce regard critique ne veut pas se définir comme une forme supérieure d'intelligence ou de génie qui se donnerait les moyens de prendre la bêtise pour cible. Dans Demain comme dans Le Spectateur, la rubrique du sottisier, habituelle par exemple dans Le Mercure de France, cède la place au sottisier des sottisers, qui justifie les formules toutes faites, voire les bêtises, contre leurs critiques ordinaires. Paulhan n'est pas un artiste - un rapin - qui jouerait la carte du paradoxe contre l'intelligence bourgeoise (41). Il n'est pas non plus un bourgeois intelligent qui se donnerait l'air de mépriser la bêtise populaire. La perspective terroriste n'a rien à voir avec le mépris dont Frédéric Paulhan faisait l'aboutissement inévitable de toute pensée. Elle prend pour cible les puissants mais ne se moque pas des faibles. « II ne faut pas lire avec malignité, mais avec tendresse », disait Remy de Gourmont (42).
Je ne veux pas m'attarder ce matin sur une revue, Le Spectateur, dont j'ai déjà parlé à trois reprises, dans L'Infini, dans ma thèse et plus récemment dans Plein Chant (43). Les collaborateurs du Spectateur voulaient « observer les conversations de tous les jours », et auraient aimé « donner des conseils"», explique Paulhan à Robert Mallet. S'ils viennent de milieux professionnels variés, non exclusivement littéraires (ingénieurs, notaires, professeurs), ils visent moins une utilité véritablement pratique qu'intellectuelle. Être utile, ce n'est pas collaborer au bon fonctionnement d'un outil ou à l'organisation du travail. C'est agir sur le cours de la réflexion, en observant la formation des vérités - précisément le sujet d'un des devoirs de Paulhan étudiant. Car Paulhan n'y définit pas la vérité comme une instance supérieure permanente, mais plutôt comme le résultat d'une association entre une idée et d'autres éléments psychiques, sentiments, croyances, notions étrangères ou même contraires : « Ainsi toute vérité repose, d'un point de vue logique, sur une erreur ou sur un sophisme. Et l'on ne voit guère qu'il en puisse être autrement : une idée abstraite, une idée pure, parce qu'elle est dégagée de tout rapport avec la matière, devient, dans la pratique, inutile ou nuisible » (45). Si l'on veut qu'une vérité soit utile ou favorable, il est inévitable de travailler à une « profanation » (46) de l'idée de vérité. Rien n'est pur dans l'esprit. Mieux : ce défaut de pureté est un gage d'utilité. Ce qui est logiquement confus est pratiquement utile. Force ne revient pas à la logique, mais à la synthèse d'éléments hétérogènes, comme l'idée et le sentiment. Quand Charles Péguy (47) s'indigne des falsifications langagières en usage chez les parlementaires, par exemple à propos des mots « reprise » ou « recommencement» de l'Affaire Dreyfus, Paulhan s'inquiète seulement de ce que « les parlementaires deviennent bientôt esclaves de leur langage et de leurs formules propres » (48) . Paulhan ne dénonce pas chez autrui un usage impropre du langage, avec les risques de ressentiment ou d'anti-parlementarisme qu'il courrait dans ce cas, mais cherche à libérer l'esprit des illusions dans lesquels il s'enferme, s'agissant du langage et de la pensée. La pureté de l'idée est une de ces illusions. L'utilité de la contradiction est en revanche une vérité à conquérir. Face à l'industrialisation des techniques de presse, face à la massification des arguments dans une société républicaine, et sans que l'école lui ait jamais enseigné la rhétorique au sens où nous l'entendons, Paulhan participe à deux revues, Demain et Le Spectateur qui proposent à leurs lecteurs une perspective critique. On sait que Les Fleurs de Tarbes en 1936 et 1941, les textes beaucoup plus clairement polémiques sur l'épuration, ont poursuivi cette ligne critique, contre toutes les formes de massification de la pensée. Il ne faut pas minorer la dimension offensive de la collaboration de Paulhan à Demain et au Spectateur. La psychologie expérimentale telle qu'elle se transforme dans ces revues utiles a de tout autres ambitions que l'adhésion au monde tel qu'il est. Les anarchistes y sont constamment présents, moins pour leurs positions économiques ou sociales que pour leur énergie critique. Peut-être comprendra-t-on mieux, dans ces conditions, que Paulhan se soit trouvé si naturellement à sa place dans le mouvement Dada, auprès de Paul Éluard et d'André Breton.
À la fin de 1918, depuis Tarbes, Jean Paulhan cherche à rencontrer Jacques Rivière, affecté à Toulouse. Ils se manquent de peu, Rivière étant sur le point de rentrer à Paris pour travailler à la reprise de la N.R.F. Dans une lettre à Isabelle Rivière, Jacques Rivière parle « d'un certain Jean Paulhan, qui est un vague jeune écrivain » et qui lui demande la permission de lui soumettre une image d'Albert Uriet sur le "Miracle des trois dames de village". Mais Rivière ne gardera pas longtemps de Paulhan l'image de ce « vague jeune écrivain ». À peine devenu le secrétaire de Rivière, Paulhan devient pour lui ce « Messie » qu'il attendait. Paulhan travaille alors sur le manuscrit de Colombe Blanchet, le roman inachevé d'Alain-Fournier - discrètement, puisque l'auteur n'a pas été officiellement déclaré disparu. Sur l'entrée de Paulhan à la N.R.F., Marcel Lecomte, de Belgique, trouve des mots incisifs : « Il semble que l'on ne soit pas encore demandé beaucoup ce que Jean Paulhan faisait parmi les écrivains de la Nouvelle Revue française » (49). Depuis 1920, Paulhan travaille intensément avec Jacques Rivière. Leur correspondance témoigne surtout de leurs échanges d'été, quand Rivière en vacances donne ses instructions à son secrétaire. Mais au delà des injonctions répétées de Jacques Rivière, la confiance s'installe vite, au point de permettre les confidences de Paulhan sur un divorce que Rivière ne soupçonnait pas. Peut-on mesurer la part de Paulhan dans les sommaires qu'il compose en compagnie de Jacques Rivière ? À deux reprises, il me semble que oui.
Tout d'abord, en septembre 1920, à propos des haiku. La tête de sommaire ayant subi une série de contre-temps, la rédaction s'intéresse à la proposition de Jean-Richard Bloch, concernant plusieurs épigrammes en français inspirées du Japon. Initialement, Jean-Richard Bloch ne proposait que ses propres textes, accompagnés d'une étude sur le haiku. Rivière ne connaît pas cette forme de poème. C'est ici que Paulhan intervient, parce qu'il se souvient d'avoir lu le livre de Paul-Louis Couchoud, Sages et poètes d'Asie, publié en 1917 chez Calman-Lévy. Paulhan fait donc appel à Couchoud, qui à deux reprises, en 1905 et en 1919, a cherché à fédérer un groupe de poètes autour de l'écriture de haiku. Malgré la déception que les propres poèmes de Couchoud suscitent, Rivière accepte l'idée de Paulhan, de constituer, à partir d'une idée de Jean-Richard Bloch, un collectif de haïjins en tête de sommaire. Paulhan présente brièvement le haiku. L'étude de Jean-Richard Bloch paraîtra dans Europe.
Cet épisode me paraît significatif à plusieurs égards. Les documents disponibles permettent de mesurer l'apport de Paulhan. À l'origine, un contretemps surprend Rivière, que Paulhan sait transformer en occasion. Puis, le refus de laisser un seul auteur publier ses propres productions accompagnées d'une sorte de commentaire. Enfin, l'appel à un animateur, capable de fédérer des auteurs contradictoires. Paul-Louis Couchoud joue clairement dans l'ensemble de haiku de septembre 1920 le rôle qui sera longtemps celui de Paulhan au sein de nombreuses revues. Par sa dimension collective, l'ensemble de haiku de 1920 constitue comme la maquette d'un sommaire. Il est un sommaire dans le sommaire. D'autre part, il juxtapose des poètes que tout devrait opposer : Paul Éluard et Julien Vocance, par exemple. Et cette juxtaposition réussit, au moins au plan humain, puisque Julien Vocance n'a de cesse, dans ses lettres à Paulhan, de demander des nouvelles de Paul Eluard, qui agit de même de son côté. Au plan littéraire, ce sera une des dernières initiatives éclectiques de l'après-guerre, avant l'échec du Congrès de Paris et l'éclatement des avant-gardes, pour des raisons esthétiques ou politiques. La première intervention de Jean Paulhan sur la disposition des sommaires de la N.R.F. se caractérise donc de deux manières: création d'un atelier littéraire qui veut rompre avec une longue tradition d'écriture solitaire et première publication d'un auteur essentiel, Paul Éluard, que Jacques Rivière ne connaissait pas. Double réussite donc, collective et individuelle. Paulhan a trouvé le moyen de présenter une petite anthologie dans laquelle il figure lui-même en qualité de poète. Pour la première fois sans doute, il parvient à être « soi-même et les autres ».
Un second exemple concerne le sommaire suivant, d'octobre 1920, tel que Paulhan le commente dans une lettre à Henri Pourrat : « J'espère que vous serez content de votre numéro : il y aura cette nouvelle de Max Jacob, une critique de du Bos (qui cite des textes de Taine extrêmement intéressants), vos poèmes, un inédit (notes) de Laforgue, et les Pincengrain. C'est un numéro qui n'appartient un peu, et vous savez ce que je suis le plus heureux d'y voir » (50)
Seconder, remplacer, conseiller, Paulhan le faisait sans doute mieux que quiconque. Il y a chez lui, en matière d'édition, comme un chanteur capable de remplacer le premier rôle au pied levé. La mort de Jacques Rivière en 1925 lui a sans doute permis d'accéder plus vite à une position littéraire plus importante et plus intéressante. Elle lui a permis de rattraper le retard avec lequel il était entré dans une vie active régulière.
Refusant d'être un savant, Jean Paulhan a choisi d'être un critique. Mais si la figure du savant fait l'objet du désir ou de l'ironie de Paulhan, je ne connais pas de texte où il affirme explicitement qu'il a personnellement voulu être un critique. Le savant est pour la société contemporaine un personnage identifié, alors que le critique littéraire ou pictural, flottant entre les deux eaux de la pensée et de la création, n'a pas de figure sociale complètement identifiée. Si la vocation savante résulte du regard des autres (son père et certains de ses camarades), la vocation critique s'exprime de fait, mais pas explicitement, par la nature des textes publiés, et par projection ou identification (Fénéon). Dans ses entretiens avec Jean Paulhan, Robert Mallet parle du « métier" (51) » que son interlocuteur exerce à la N.R.F. depuis 32 ans. Paulhan ne reprend pas à son compte ce terme de « métier », laissant sa principale activité sans aucun nom déterminé. Il me semble que ce vide a du sens. Paulhan occupe une position qui n'a pas de nom. Sa principale activité sociale n'est pas un métier. Elle est la résultante d'un ensemble d'hésitations entre lesquelles il n'a pas complètement tranché. Il me semble aussi que le choix latéral d'être critique et éditeur, imcomplètement formulé, a laissé des traces jusque dans les dernières années, et qu'il peut expliquer le désir de reconnaissance exprimé par la candidature à l'Académie, très mal comprise par ses contemporains, qui n'y ont vu que jeu ou trahison. Jean Paulhan est presque toujours plus sérieux qu'il ne le laisse paraître. Le sentiment d'un échec intellectuel définitif, avivé par la préparation des œuvres complètes, et la conscience de jouer un rôle important mais un peu vague sans occuper de place déterminée, culminent dans la très tardive tentation de se tuer confiée à Pierre Oster (52) - qui s'en alarma comme on pense. A la fin de sa vie, la vivacité heureuse de Dominique Aury avait aussi cette fonction de protéger Paulhan contre ses sentiments les plus intimes et les plus négatifs. Au moment de la plus grande faiblesse, de la plus grande incertitude, Paulhan doute de son œuvre et de sa pensée. Il se reproche alors d'avoir manqué de « preuves » - terme de savant, plutôt que d'artiste ou d'écrivain. Et c'est l'utilité qui lui permet de résister à la pensée du suicide : « Mais à quoi bon, quand je suis prêt d'achever ce que j'ai certainement fait de plus utile » (53) . La longue hésitation entre la figure du savant et celle de l'écrivain n'a pas trouvé à ses yeux la synthèse parfaite qu'elle espérait dans la figure de l'homme de revue ou de l'éditeur. C'est pourtant à cette hésitation que nous devons son œuvre. Il y aurait donc un pouvoir de l'hésitation, pour peu que l'on parvienne, par le langage, à faire œuvre utile. Prenons donc garde à notre esprit. Et oublions ce jugement de Paulhan sur les Anglais: « Les Anglais sont d'une extrême gentillesse (dans les rues, les cafés, les boutiques). Mais aussi peu pratiques, aussi mal organisés que possible. Enfin, le contraire de ce qu'on pense ». (54)
Londres, 4 mai 2001
© Bernard Baillaud
- La Vie..., p. 21.
- La Vie..., p. 43
- Aytré..., 1943, p. 21 et 64.
- Les Causes célèbres, 1950, p. 55.
- Paulhan à Pourrat, « Mardi 23 [XII 41] ».
- Les Causes célèbres, 1950, p. 60.
- « L'entraînement à vouloir », Demain, t. III ; « Nous nous voyons tels que nous voudrons être », Demain, t. VI, n° 45, p. 173-175
- Lettre de Tony Dubois à Jean Paulhan, c.p. partiellement lisible : 10 MARS 1913.
- Bernard Groethuysen, « Lettre à Henry Church », Mesures, 15 avril 1948, p. 57-59 [lettre datée « Paris, le 19 Décembre 1937 »].
- « Abonnez-vous à Demain pour vous cultiver », Demain, t. VI, 1914, p. III du supplément.
- Lettre de Tony Dubois à Jean Paulhan, s.d
- Au fil des préjugés, textes choisis et assemblés par Antonin Artaud, éditions du Progrès civique, 1923, 298 p., texte cité p. V-VI.
- Demain, t. IV, 1914, suplément p. VII.
- Demain, t. IV, 1914, supplément p. III.
- Demain, t. VI, 1914, p. III du supplément.
- « La question du format », vol. IV, n° 33, 25 août 1913, supplément, p. I-II.
- « Faut-il lire au lit ? », Demain, vol. VI, n° 42, 10 janvier 1914, p. 42-43.
- « Abonnez-vous à Demain pour vous cultiver », Demain, t. VI, 1914, p. III du supplément.
- « Comment lire Demain», Demain, vol. IV, n° 29, 25 juin 1913, p. II du supplément.
- Ibid., p. IX du supplément.
- Ibid., p. VII du supplément.
- « On est bien mal assis dans vos prés ; et il faut songer à beaucoup de choses et à des choses bien profondes et équilibrées pour être content. » La Vie..., « Dimanche 3 juillet [1904] », p. 41. Voir cependant la « ravissante promenade avec Papa à Saint-Germain » le « Mardi 12 juillet [1904]».
- Voir la « coutume pieuse » de « nos petits villages », dans La Vie.... p. 26.
- Dr T., « Le mot 'épatant' à l'Académie », Demain, vol. II, n° 17, 25 décembre 1912, p. 357.
- Lettre de Tony Dubois à Jean Paulhan, s.d.
- « La crise de la langue française », Demain, t. V, n° 37, p. 153.
- « Le sens des mots », Demain, t. V, n° 30, 10 juillet 1913, p. 240.
- « Faut-il savoir les étymologies ? », Demain, vol. II, n° 12, 10 octobre 1912, p. 144 [d'après G. Rudler et N. Berthonneau, Le français par l'observation sensible, Colin].
- Demain, vol. II, n° 10, 10 septembre 1912, p. 43-45.
- n.s., « Le virtuose », Demain, vol. II, n° 14, 10 novembre 1912, p. 214.
- T. [Dr Toulouse], « L'attrait de la Guerre », Demain, vol. II, n° 14, 10 novembre 1912, p. 211- 212.
- Dr Toulouse, « L'amour libre et la doctrine anarchiste », Demain, vol. II, n° 10, 10 septembre 1912, p. 20-21. Voir aussi, dans le numéro 8, un extrait de « La Femme, l'Amour et les Anarchistes » paru dans L'Anarchie sous la signature d'Émile Armand.
- « Nos poètes et nos artistes ont attaché au baiser le sens d'un acte idéal et d'un raffinement suprême. En réalité, il a quelque grossièreté et il est peu hygiénique. Les Malgaches l'appellent de son vrai nom : sucer, têter; et les "sauvages' ont un baiser plus raffiné. " Les Malgaches n'embrassent pas comme nous leurs femmes, pas plus du reste que sur le front, sur les joues, sur les lèvres, ils approchent leur nez du visage de la femme aimée ou de l'enfant chéri et font une forte aspiration ; en un mot, ils les flairent, ils les sentent comme on sent une fleur mioroka ou manoroka vady na zanaka, comme ils disent, tandis qu"embrasser à l'européenne' se dit mitsentsitra, sucer, têter. Cette aspiration nasale qui, à Madagascar comme dans toute l'Océanie, remplace notre baiser, a pour principe une idée plus délicate que celle toute sensuelle d'où est venue la coutume de nos embrassements: l'air qui s'exhale sans cesse des lèvres n'est pas seulement pour les Malgaches comme pour les Océaniens, un signe de vie, mais une émanation de l'âme, son odeur, son parfum, et, en mêlant les haleines, ils croient unir les âmes. cet oroka, ou aspiration nasale, sorte de reniflement, ne se pratique du reste à Madagascar que dans l'intimité et jamais, ou du moins, rarement en public: il est réservé aux mari et femme, aux amants, aux mères et petits enfants, mais un frère qui embrasserait sa sœur serait regardé comme coupable de relations incestueuses et tenu pour sorcier. » (« Le flair malgache et notre baiser », Demain, t. IV, n° 28, 10 juin 1913, p. 142-143) Le texte de Grandidier est extrait du Bulletin de la Société d'anthropologie de Paris pour 1913.
- Le repas et l'amour chez les Mérinas, Fata Morgana, 1970, 86 p.
- René Martin-Guelliot, « Sur quelques erreurs de l'opinion commune » et « L'inconnu reconnu », Demain, t. V, 1913 ;
- Marcel Pareau, « Les mots techniques », Demain, t. V, n° 41, 25 décembre 1913, p. 378-380.
- Olry Collet, « La logique sociale et l'initiative de M. Cochon », Demain, t. V, n° 38, 10 novembre 1913, p. 216-217.
- Lettre de Tony Dubois à Jean Paulhan, s.d., « 236 boulevard Raspail ».
- Demain, t. VI, 1914, p. XII du supplément. Voir aussi t. IV, n° 33, 25 août 1913, p. XI du supplément.
- Dr Toulouse, « Les sottises et le préjugé littéraire », Demain, vol. II, n° 11, 25 septembre 1912, p. 92-94.
- Ibid.
- Texte de Remy de Gourmont extrait de La Dépêche et cité dans Demain, vol. II, n° 11, 25 septembre 1912, p. 93.
- « Le Spectateur », L'Infini, n° 55, automne 1996, p. 88-92 ; « René Martin-Guelliot », Plein Chant, n° 69-70, p. 203-217.
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- La Formation des vérités, 1° 35.
- Ibid., f° 36.
- Paulhan cite Les Cahiers de la quinzaine, vingtième cahier, quatrième série, 16 juin 1903, p. 41 sq ; pour nous : « Reprise politique parlementaire », dans Œuvres en prose complètes, édition présentée, établie et annotée par Robert Burac, Paris, Gallimard, 1987, p. 1138-1198.
- Ibid., f° 44.
- Marcel Lecomte, « Jean Paulhan », Sélection, 3° année, n° 8, juin 1924, p. 228-229.
- Lettre à Henri Pourrat, « mercredi», c.p. 17.9.20. Le sommaire comporte dans l'ordre : Max Jacob, « Bonnes intentions » ; Charles Du Bos, « Notes sur Mérimée portraitiste » ; Henri Pourrat, « Chansons... » ; Jules Laforgue, « Notes d'un agenda » ; Marcel Jouhandeau, « Les Pincengrain » ; les « Réflexions sur la littérature » d'Albert Thibaudet portent sur La Symphonie pastorale de Gide.
- O.C., IV, p. 478.
- Lettre à Pierre Oster, « vendredi [10 février 1967] ».
- Choix de lettres, vol. III, p. 265, lettre 240.
- Lettre à Pourrat, "Jeudi", c.p. 5.05.51