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couverture de la revue Le Spectateur, première année, n° 3, du 1er juin 1909

René Martin-Guelliot à Jean Paulhan, 1912, 4

Je vous en prie, songez au n°. C'est peut-être la préoccupation de le faire qui a influé sur la façon dont j'ai été affecté par votre remarque. Pareau m'écrit : "J'ai eu mal à la tête et maintenant je pars en voyage". Chaque page que lui ou vous ne m'envoyez pas, c'est moi qui dois la faire, si on veut que le n° paraisse. Or j'ai aussi mes maux de tête. Collet va m'envoyer quelque chose. Mais s'il était entendu que chaque mois, lui, vous et Pareau m'envoyiez chacun 1/6 du n° c. à d. 8 pages (environ, il n'y a rien de fatidique), ce serait pour moi un grand soulagement, et je ferai [sic] ma part, les 3/6 c. à d. l'autre moitié !, bien plus facilement.
Je sais très bien la bonne volonté que vous avez tous les 3 et les obstacles que vous avez et que je n'ai pas (obligations professionnelles, etc.). Mais encore, je me demande si vous "réalisez" bien (au sens anglais) que les trous c'est moi qui dois les boucher et que sans cela le n° ne paraîtrait pas. Si j'avais écrit à Pareau pour ma part, ce qu'il m'a écrit pour la sienne, "J'ai eu mal à la tête le jour où je comptais travailler, et ensuite j'ai eu mes excursions projetées à exécuter", qu'aurait-il pensé ? Si vous le voyez, je voudrais bien que vous lui en parliez. Il me semble que vous avez un peu l'impression que le n° se fait tout seul, comme les enfants pensent que les lettres vont toutes seules par la poste sans l'intervention humaine des employés. OK. Bien entendu, ceci sans reproche. C'est une impression que je comprends parfaitement.

Bien à vous,
R.M.G.