Portrait de Panaït Istrati

Panaït Istrati

La vie aventureuse et révoltée de Panaït Istrati vient de s'achever comme il l'avait prévu. Istrati quitte, à cinquante et un ans, notre monde “apocalyptique”, avant d'avoir pu achever de dire le plus précieux et le plus “honnête” de ce qu'il avait à dire. Il meurt amer, déçu, non résigné, certes, mais ne croyant plus à rien, hors l'amour, la passion, la joie, la fraternité. L'homme qui ne voulait plus enseigner à ses frères qu'à “refuser de crever pour qui que ce soit” a été emporté par la mort, qui n'est pas égale pour tous. Le “brasier de désirs” qu'il était ne pouvait pas être dispersé : la vie était trop forte et trop profonde chez Istrati pour qu'on puisse un instant songer qu'il l'ait quittée en ne l'aimant plus.
Le Gorki balkanique, devenu à force de patience, de génie, de foi en l'amitié de Romain Rolland, un écrivain de langue française, n'avait pas cessé, depuis douze ans, de raconter son aventure. De volume en volume, nous suivions les étapes d'une vie pénible, et qu'il tenta au moins une fois de s'ôter lui-même en se tailladant la gorge. Mais c'était un suicide de passion, et non un suicide de renoncement. Encore une fois, Istrati était un rare exemple d'homme attaché à la vie par vocation. La vie était sa vocation plutôt que l'art, il doit le dire quelque part.
L'homme était long et maigre, avec des yeux à la fois brillants et impénétrables : le courage, la générosité semblent avoir été ses grandes vertus. On n'a pas oublié ses démêlés avec les Soviets ; on eût pu les prévoir. Avec Istrati disparaît, en même temps qu'un grand conteur, l'un des derniers représentants du romantisme révolutionnaire.

Jean Paulhan, 1935.


Ressources

1928 Panaït Istrati, Bilili et Nikos Kazantzaki en Ukraine, Odessa, Kiev

Panaït Istrati, Présentation des Haïdoucs - France Culture

Panaït Istrati, enfant du Danube, écrivain universel

Recurs la Istorie: Panait Istrati, destinul unei vieţi
(en roumain)

Panaït Istrati, écrivain français, conteur roumain
Intervention de Christian Delrue Président des Amis de Panait Istrati et Jacques Baujard de la Librairie Quilombo lors du Festival Istrati.


Correspondance : Panaït Istrati & Jean Paulhan, 1929-1935


Bibliographie des textes parus dans la NRF

Les textes qui suivent, publiés dans La Nouvelle Revue Française, sont regroupés en quatre grands ensembles, les textes de Panaït Istrati, les notes et chroniques de l'auteur, les textes sur l'auteur et enfin, s'ils existent, les textes traduits par l'auteur.

Textes de Panaït Istrati

  1. Une nuit dans les marais, 1926-03-01
  2. L'Affaire Roussakov ou L'U. R. S. S. d'aujourd'hui, 1929-10-01
  3. Le Lac-Salé, 1935-02-01

Textes sur Panaït Istrati

Ces textes peuvent être des études thématiques sur l'auteur, des correspondances, des notes de lecture d'ouvrages de l'auteur ou sur l'auteur, ou des entretiens menés par lui.

  1. Kyra Kyralina, par Panaït Istrati (Rieder), par Victor Llona, 1924-09-01, Notes : le roman
  2. L'oncle Anghel, par Panaït Istrati (Rieder), par Joseph Kessel, 1925-03-01, Notes : le roman
  3. Les Chardons du Baragan, par Panaït Istrati (Grasset), par Marcel Arland, 1928-09-01, Notes : le roman
  4. Le Pêcheur d'éponges, par Panaït Istrati (Rieder), par Marcel Arland, 1930-10-01, Revue des livres
  5. Tsatsa Minnka, par Panaït Istrati (Mornay et Rieder), par Denis Saurat, 1931-10-01, Revue des livres
  6. Panaït Istrati, par Jean Guérin, 1935-05-01, articles
  7. Tsatsa-Minnka, par Panaït Istrati (Rieder), par Henri Calet, 1936-02-01, Notes : le roman
  8. Méditerranée, par Panaït Istrati (Rieder), par Henri Calet, 1936-02-01, Notes : le roman

Répartition temporelle des textes parus dans la NRf (1908—1968)

On trouvera représenté ici la répartition des textes dans le temps, réunis dans les quatre catégories précédemment définies : Textes, Notes, Traductions, Textes sur la personne.